Le CDI senior est entré en application au 1er janvier 2026, à titre expérimental jusqu'en 2028. Inspiré d'un dispositif allemand, il vise à lever les freins à l'embauche des plus de 60 ans en réduisant le coût pour l'employeur et en sécurisant la fin de carrière côté salarié.
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Pour comprendre la durée d'indemnisation, la dégressivité et le lien avec la retraite, relisez aussi notre guide sur le chômage après 55 ans en 2026.
Pour qui ?
Côté salarié, deux conditions :
- avoir au moins 60 ans au moment de l'embauche,
- être inscrit comme demandeur d'emploi depuis au moins 3 mois OU bénéficiaire du RSA OU en transition professionnelle validée.
Côté employeur, toutes les entreprises du secteur privé peuvent y recourir, sans seuil d'effectif. Les associations et structures de l'ESS sont également éligibles.
Les avantages pour l'employeur
Trois leviers principaux :
- exonération partielle des cotisations patronales pendant les trois premières années (jusqu'à 50 % de réduction selon le niveau de salaire),
- rupture conventionnée simplifiée au moment du départ effectif à la retraite, sans indemnité majorée,
- prime à l'embauche de 3 000 € versée par France Travail, conditionnée au maintien du contrat 12 mois.
Ces avantages compensent en grande partie les craintes traditionnelles d'embaucher un senior : coût salarial, ancienneté, risque d'arrêts de longue durée.
Les droits du salarié
Le CDI senior reste un CDI à part entière. Le salarié bénéficie :
- de la convention collective applicable à l'entreprise,
- du salaire minimum conventionnel,
- de tous les droits sociaux (congés payés, mutuelle, épargne salariale, etc.),
- d'un droit à la formation renforcé : CPF abondé et accès prioritaire aux dispositifs de Pôle emploi.
Spécificité notable : la clause de fin de carrière. L'employeur peut proposer une rupture amiable au moment où le salarié atteint l'âge du taux plein, sans procédure de licenciement et sans indemnité majorée. Le salarié peut accepter ou refuser librement.
La transition vers la retraite
Le CDI senior est conçu comme un contrat de fin de carrière, mais il peut tout à fait se prolonger au-delà de l'âge légal si les deux parties le souhaitent. Trois cas typiques observés :
- maintien jusqu'au taux plein puis départ amiable,
- passage en cumul emploi-retraite une fois la retraite liquidée, en restant chez le même employeur,
- transition vers la retraite progressive pour les salariés à temps partiel.
Selon la carrière déjà validée, il peut aussi être utile de relire notre guide sur la retraite progressive.
Les points de vigilance
Quelques angles morts à connaître :
- la prime d'embauche est conditionnée à un maintien de 12 mois minimum : un départ anticipé peut entraîner remboursement par l'employeur,
- les cotisations chômage restent dues, mais la durée d'indemnisation maximale reste plafonnée à 36 mois pour les seniors (durée actuelle, indépendante du dispositif),
- la clause de fin de carrière ne peut pas être imposée : un refus du salarié n'est pas un motif de licenciement.
Bilan d'étape : qui en bénéficie ?
Sur les quatre premiers mois de mise en œuvre (janvier–avril 2026), environ 6 800 contrats CDI senior ont été signés selon les premières estimations. Les profils les plus représentés :
- cadres en reconversion sur des postes opérationnels,
- anciens fonctionnaires en transition vers le privé,
- artisans / indépendants revenant au salariat en fin de carrière.
Les secteurs les plus demandeurs sont la logistique, les services à la personne, le conseil et la formation professionnelle.
Et après 2028 ?
Le dispositif est expérimental. Une évaluation est prévue fin 2027 sur la base de trois indicateurs :
- nombre d'embauches générées,
- durée moyenne des contrats,
- effet sur le taux d'emploi des 60-64 ans.
Si les résultats sont concluants, une pérennisation pourrait être votée en 2028, potentiellement étendue aux 55-59 ans selon les premières discussions parlementaires.
À court terme, le CDI senior ouvre une vraie fenêtre pour les actifs proches de la retraite qui souhaitent rebondir sans accepter un statut de freelance ou un CDD précaire. Pour les employeurs, c'est l'occasion de récupérer une expertise opérationnelle à coût mesuré.
FAQ : CDI senior 2026
Le CDI senior est-il un vrai CDI ?
Oui. Malgré son nom et son cadre expérimental, il reste juridiquement un CDI classique, avec les droits habituels du salarié en matière de rémunération, congés, protection sociale et formation.
Peut-on être embauché en CDI senior après une longue période de chômage ?
Oui, c'est même l'un des publics explicitement visés. L'inscription à France Travail depuis au moins trois mois fait partie des conditions d'accès au dispositif pour le salarié.
L'employeur peut-il forcer le départ à la retraite avec un CDI senior ?
Non. La clause de fin de carrière permet d'organiser une sortie amiable lorsque le salarié atteint le taux plein, mais elle ne supprime pas le libre consentement du salarié.



