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Flat tax 2026 : le PFU à 30 % sur dividendes, intérêts et plus-values

Flat tax PFU 2026 : taux 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), revenus du capital concernés, option barème progressif, exceptions PEA après 5 ans et assurance-vie.

Depuis 2018, les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values sur valeurs mobilières) sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, souvent appelé « flat tax ». Ce taux uniforme simplifie la fiscalité de l'épargne mais n'est pas toujours le plus avantageux. Voici comment maîtriser ce mécanisme pour optimiser votre imposition.

Sources vérifiées : Service-Public, assurance-vie (vérifié le 21 novembre 2025) ; Service-Public, PEA ; BOFiP/CGI sur le prélèvement forfaitaire unique.

Le PFU en chiffres

Le taux de 30 % se décompose en deux parties :

Composante Taux
Impôt sur le revenu (IR) 12,8 %
Prélèvements sociaux (PS) 17,2 %
Total PFU 30 %

Ce taux s'applique sur le revenu brut, avant tout abattement. Pour les intérêts, dividendes et rachats d'assurance-vie, un prélèvement est souvent opéré par l'établissement payeur. Pour les plus-values mobilières, l'imposition est généralement régularisée via la déclaration annuelle. Dans tous les cas, vous devez déclarer ces revenus sur votre déclaration de revenus (formulaire 2042 et annexes si nécessaire).

Quels revenus sont concernés ?

Oui, soumis au PFU

  • Dividendes versés par des sociétés françaises ou étrangères (comptes-titres ordinaires, CTO).
  • Intérêts sur obligations, bons du Trésor, comptes à terme, livrets non défiscalisés (livret ordinaire, CEL/PEL après seuils).
  • Plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de SICAV/FCP) réalisées sur comptes-titres ordinaires.
  • Revenus de contrats d'assurance-vie en cas de rachat (sous conditions — voir section dédiée).
  • Coupons obligataires et revenus assimilés.

Non, hors champ du PFU

  • Revenus immobiliers (loyers, plus-values immobilières) : régime propre distinct.
  • Revenus d'activité professionnelle (BIC, BNC, salaires) : imposés au barème progressif.
  • Revenus des livrets réglementés défiscalisés : Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune — totalement exonérés d'IR et de PS.
  • Revenus du PEA : régime dérogatoire très avantageux (voir ci-dessous).

L'option pour le barème progressif

Par défaut, vos revenus du capital sont soumis au PFU à 30 %. Mais vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, qui peut être plus avantageux dans certains cas.

Quand le barème progressif est-il meilleur ?

L'option est avantageuse si votre taux marginal d'imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %, car :

  • Dividendes : avec le barème progressif, vous bénéficiez d'un abattement de 40 % sur les dividendes bruts.
  • Plus-values : l'abattement pour durée de détention (anciennement applicable) n'existe plus pour les titres acquis depuis 2018 — il subsiste pour les titres antérieurs.

Calcul comparatif pour un contribuable en tranche à 11 % :

PFU Barème progressif
Dividende brut 1 000 € 1 000 €
Abattement Aucun -40 % = 600 € imposables
Impôt (IR) 128 € 66 € (11 % × 600 €)
Prélèvements sociaux 172 € 172 €
Total 300 € 238 €

Pour un TMI de 30 % ou plus, le PFU à 30 % est systématiquement plus avantageux.

L'option est globale : vous ne pouvez pas choisir le barème pour les dividendes et le PFU pour les plus-values — c'est l'un ou l'autre pour l'ensemble de vos revenus du capital de l'année.

Le PEA : le grand gagnant

Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) bénéficie d'un régime dérogatoire bien plus favorable que le PFU :

  • Avant 5 ans de détention : retrait = clôture du PEA, gains soumis au PFU de 30 %.
  • Après 5 ans : les gains (dividendes et plus-values) sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.

Le PEA est donc largement supérieur à un compte-titres ordinaire pour les actions européennes sur le long terme. Si vous envisagez d'investir en actions, ouvrir un PEA (même avec 100 €) pour faire courir le délai de 5 ans est une décision qui ne coûte rien.

L'assurance-vie : un régime hybride

L'assurance-vie échappe partiellement au PFU grâce à des règles spécifiques.

Versements antérieurs au 27 septembre 2017

Les intérêts accumulés sur des primes versées avant cette date restent soumis à l'ancien régime : option prélèvement libératoire à 35 %, 15 % ou 7,5 % selon la durée, ou barème progressif.

Versements postérieurs au 27 septembre 2017

Durée du contrat au rachat Versements nets imposables < 150 000 € Versements nets imposables ≥ 150 000 €
Moins de 8 ans PFU 30 % PFU 30 %
8 ans et plus 7,5 % IR + 17,2 % PS, après abattement annuel 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) PFU 12,8 % IR + 17,2 % PS

L'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € s'applique sur les gains, pas sur le capital retiré. Pour un contrat avec 30 % de gains (capital investi 100 000 €, valeur 130 000 €), un retrait de 13 000 € représente 3 000 € de gains — en dessous de l'abattement → aucun impôt sur le revenu à payer si le contrat a plus de 8 ans.

Les SCPI et foncières : attention à la confusion

Les revenus de SCPI détenus en direct (hors assurance-vie ou PEA) sont des revenus fonciers, pas des revenus de capitaux mobiliers. Ils sont soumis au barème progressif + 17,2 % de prélèvements sociaux, pas au PFU.

Exception : si vous détenez des SCPI via une assurance-vie ou un contrat de capitalisation, les revenus tombent dans la fiscalité de l'enveloppe, pas dans les revenus fonciers directs.

L'IFI et la flat tax : deux sujets distincts

L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) frappe le patrimoine net immobilier au 1er janvier de chaque année. Il est totalement indépendant de la flat tax, qui porte sur les revenus. Un contribuable assujetti à l'IFI peut très bien être au PFU sur ses dividendes — les deux impôts coexistent et ne se compensent pas.

Les pièges fréquents

Oublier de déclarer les revenus étrangers. Les dividendes de sociétés américaines ou asiatiques reçus sur un CTO sont soumis au PFU en France, même s'ils ont subi une retenue à la source étrangère. La retenue à la source peut généralement être imputée sur l'IR dû en France (crédit d'impôt selon conventions fiscales).

Confondre PFU et prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL). Le PFNL de 12,8 % prélevé en janvier sur les intérêts de l'année précédente est un acompte d'impôt, pas le PFU définitif. Il est régularisé lors de la déclaration de revenus.

Oublier la CSG déductible. Lorsque vous optez pour le barème progressif, 6,8 % de CSG sur les revenus du patrimoine sont déductibles de votre revenu imposable l'année suivante. Ce mécanisme améliore légèrement le résultat net pour les contribuables qui choisissent le barème.

Récapitulatif par type d'investissement

Support Régime fiscal des gains
Compte-titres ordinaire PFU 30 % (ou barème sur option)
PEA (après 5 ans) 17,2 % PS uniquement
Assurance-vie < 8 ans PFU 30 %
Assurance-vie > 8 ans (< 150 K€) 7,5 % IR + 17,2 % PS, abattement 4 600/9 200 €
SCPI en direct Revenus fonciers (barème IR + 17,2 % PS)
Livret A / LDDS / LEP 0 % (exonéré)
PEE après 5 ans 17,2 % PS sur plus-values
PERCOL à la retraite (capital) 17,2 % PS sur plus-values (si non déductible à l'entrée)