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ARE 2026 : calcul de l'allocation chômage, durée d'indemnisation et droits

ARE 2026 : comment est calculée l'allocation chômage (SJR, taux de remplacement), durée d'indemnisation selon l'âge, conditions d'affiliation, droits au rechargement et cumul avec une activité.

Perdre son emploi ouvre droit, sous conditions, à l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE). Versée par France Travail (ex-Pôle emploi), cette allocation remplace une partie de votre ancien salaire pendant la recherche d'un nouvel emploi. Son calcul — basé sur le Salaire Journalier de Référence — échappe souvent à ceux qui en ont le plus besoin : beaucoup de demandeurs d'emploi sous-estiment leur allocation ou ignorent leurs droits au rechargement. Ce guide détaille les règles applicables en 2026.

Qui peut percevoir l'ARE ?

Pour être éligible, vous devez remplir simultanément trois conditions :

1. Avoir perdu involontairement votre emploi. Sont éligibles : licenciement (économique, personnel, inaptitude), fin de CDD non renouvelé, rupture conventionnelle homologuée, démission légitime (dans des cas spécifiques : suivi d'un conjoint ayant changé de lieu de résidence pour raison professionnelle, création ou reprise d'entreprise après 65 jours, etc.).

Attention : une démission "classique" n'ouvre pas droit à l'ARE, sauf cas de démission légitime reconnu. En cas de doute, France Travail peut étudier le dossier.

2. Remplir les conditions d'affiliation. Vous devez avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin de votre contrat. Pour les personnes de 53 ans et plus, la période de référence est étendue aux 36 derniers mois.

3. Être en recherche active d'emploi et inscrit comme demandeur d'emploi à France Travail dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat (délai de forclusion).

Vous devez également être apte au travail, résider en France, et ne pas être en âge de bénéficier d'une retraite à taux plein.

Comment est calculée l'ARE : le Salaire Journalier de Référence (SJR)

Le montant de l'ARE est calculé à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR), qui rapporte vos rémunérations de référence au nombre de jours retenus dans la période d'affiliation (24 mois, ou 36 mois à partir de 53 ans).

Calcul du SJR

France Travail additionne les rémunérations brutes retenues dans la période de référence, puis les divise par le nombre de jours calendaires pris en compte selon les règles d'assurance chômage.

De façon simplifiée, pour un salarié à temps plein :

SJR ≈ salaire brut mensuel / 30,42

Exemple : salaire brut mensuel de 2 500 € → SJR ≈ 82 €

Sont exclus du calcul : les primes exceptionnelles, les indemnités de licenciement, les gratifications dont la périodicité est supérieure au mois.

Calcul du montant journalier de l'ARE

L'ARE journalière est le montant le plus élevé entre deux formules :

  • Formule 1 : 40,4 % du SJR + une partie fixe (montant révisé périodiquement)
  • Formule 2 : 57 % du SJR

Pour la grande majorité des salariés, la formule 2 (57 % du SJR) s'applique pour les niveaux de salaire courants. Pour les hauts salaires, la formule 1 devient plus avantageuse.

L'ARE est plancher : elle ne peut pas être inférieure à un montant journalier minimum (vérifiez le montant actualisé sur unedic.org ou auprès de France Travail).

L'ARE est plafonnée à 75 % du SJR.

Exemple concret

Marie est licenciée. Son salaire brut était de 2 800 €/mois. Son SJR est donc d'environ 92 €/jour.

Formule Calcul Résultat
Formule 1 40,4 % × 92 + partie fixe ~37 € + partie fixe
Formule 2 57 % × 92 52,44 €/jour
Montant retenu Maximum des deux 52,44 €/jour
Allocation mensuelle 52,44 × 30,42 ≈ 1 595 €/mois brut

Taux de remplacement effectif : 1 595 / 2 800 = 57 % du salaire brut, soit environ 70 à 75 % du salaire net pour un profil classique.

Durée d'indemnisation : combien de temps percevez-vous l'ARE ?

La durée d'indemnisation correspond au nombre de jours travaillés dans la période de référence, dans la limite d'un plafond selon votre âge.

Âge à la fin du contrat Durée maximale d'indemnisation
Moins de 53 ans 24 mois (730 jours)
De 53 à 54 ans 30 mois (913 jours)
55 ans et plus 36 mois (1 095 jours)

Si vous avez travaillé 12 mois au cours des 24 derniers mois, vous avez droit à 12 mois d'ARE. Si vous avez travaillé 24 mois (plein), vous avez droit au maximum de 24 mois (moins de 53 ans).

Si vous avez 55 ans ou plus, des règles spécifiques s'appliquent, notamment en vue du passage à la retraite. Notre guide chômage après 55 ans détaille ces situations.

Les démarches : s'inscrire à France Travail

Étape 1 — S'inscrire dans les délais. Inscrivez-vous sur francetravail.fr dès la fin de votre contrat ou avant. L'inscription doit idéalement être faite dans les 12 mois suivant la fin du contrat. Plus tôt vous vous inscrivez, plus tôt les droits commencent (après le délai de carence).

Étape 2 — Transmettre les justificatifs. Lors de l'inscription, munissez-vous de : votre attestation employeur (document fourni par votre employeur à la fin du contrat, obligatoire), votre carte d'identité, votre RIB, et vos bulletins de salaire des 12 derniers mois si l'attestation est incomplète.

Étape 3 — Respecter les délais de franchise. Après votre inscription, un délai de carence de 7 jours s'applique systématiquement avant le versement de l'ARE. S'y ajoute éventuellement une franchise pour congés payés (si vous avez des congés non pris payés par l'employeur) et une franchise pour indemnités supralégales (si votre indemnité de rupture dépasse le minimum légal). Ces franchises peuvent reporter le démarrage de l'ARE de plusieurs semaines à plusieurs mois selon les cas.

Étape 4 — Actualisation mensuelle. Chaque mois, vous devez vous actualiser sur francetravail.fr pour attester votre situation (toujours en recherche d'emploi, sans activité ou avec une activité partielle). Sans actualisation, le versement est suspendu.

Cumul ARE et activité professionnelle

Si vous reprenez un emploi à temps partiel ou pour une courte mission pendant votre indemnisation, vous pouvez cumuler ARE et salaire dans la plupart des cas. L'ARE est alors réduite selon une formule qui tient compte du salaire perçu.

Le dispositif ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) permet, sous conditions, de percevoir une partie de vos droits ARE sous forme de capital si vous créez ou reprenez une entreprise. Le cumul entre ARE mensuelle et revenus d'activité relève d'un autre mécanisme et doit être déclaré à France Travail.

Dans tous les cas, vous devez déclarer toute activité lors de votre actualisation mensuelle. Une fausse déclaration constitue une fraude et entraîne le remboursement des sommes perçues.

Rechargement des droits

Si vous avez travaillé au moins 6 mois (130 jours) après votre ouverture de droits initiale, puis redevenez sans emploi, vous pouvez recharger vos droits : les nouvelles périodes travaillées viennent s'ajouter à vos droits restants.

Les droits rechargés s'ouvrent à l'issue des droits initiaux, ou immédiatement si les droits initiaux sont épuisés. C'est un mécanisme important pour les personnes enchaînant CDD ou missions.

ARE et trimestres de retraite

Pendant la période de chômage indemnisé, chaque 50 jours d'ARE valide 1 trimestre assimilé pour la retraite, dans la limite de 4 trimestres par an. Ces trimestres comptent dans votre durée d'assurance pour le calcul de la retraite.

Par ailleurs, France Travail verse des cotisations à l'AGIRC-ARRCO pendant la période d'ARE, ce qui vous permet de continuer à accumuler des points de retraite complémentaire.

Cas particuliers fréquents

Rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle homologuée ouvre droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement. Si vous l'envisagez dans une logique de préparation à la retraite, consultez notre guide rupture conventionnelle et retraite pour optimiser le timing.

Fin de CDD

L'employeur doit vous remettre une attestation employeur. Vous êtes éligible à l'ARE dès lors que vous remplissez les conditions d'affiliation sur les 24 derniers mois (cumul de plusieurs CDD possible).

Démission légitime

France Travail reconnaît un certain nombre de motifs de démission légitime. La liste officielle figure sur unedic.org. En cas de refus, une commission paritaire peut être saisie, et le tribunal administratif en dernier recours.

Les erreurs fréquentes

1. Ne pas s'inscrire dans les délais. Après 12 mois, les droits ARE de la période précédente sont définitivement perdus.

2. Ne pas transmettre l'attestation employeur rapidement. Sans ce document, France Travail ne peut pas calculer vos droits. Si l'employeur tarde, vous pouvez le signaler à France Travail.

3. Omettre de déclarer une reprise d'activité partielle. Le cumul est possible mais doit être déclaré : l'omettre expose à un remboursement.

4. Ne pas vérifier le calcul de l'ARE. Si le montant notifié vous semble erroné, vous pouvez contester la décision par voie de recours gracieux auprès de France Travail, puis par recours contentieux devant le tribunal judiciaire.

5. Oublier l'actualisation mensuelle. Un mois sans actualisation = un mois sans versement.

FAQ

L'ARE est-elle imposable ?

Oui. L'ARE est soumise à l'impôt sur le revenu (à déclarer dans les revenus de l'année). Elle est en revanche exonérée de cotisations sociales. La CSG et la CRDS s'appliquent sur l'ARE (taux réduit selon les revenus).

Peut-on percevoir l'ARE après une démission ?

En règle générale, non. Les démissions "classiques" sont exclues. Exception : les démissions légitimes (liste sur unedic.org) et les démissions pour création d'entreprise (après 65 jours d'activité). En cas de refus, après 4 mois de chômage sans ARE, une allocation transitoire peut être examinée.

Mon ARE est plus faible que prévu — comment contester ?

Demandez à France Travail le détail du calcul (SJR, période de référence, salaires pris en compte). Vérifiez que tous vos bulletins de salaire ont bien été intégrés. Si une erreur est constatée, déposez un recours gracieux par écrit.

Pendant l'ARE, je perçois ma pension d'invalidité — est-ce cumulable ?

Le cumul ARE et pension d'invalidité est possible sous certaines conditions, notamment selon la catégorie d'invalidité. Renseignez-vous directement auprès de France Travail et de votre CPAM.